Bois


Les travaux de l’équipe bois visent à développer la connaissance et la promotion du bois comme matériau de structure pour l’arbre comme pour l’homme. Quatre axes de recherches fortement interconnectés explorent les interfaces de l’ingénierie avec la biologie, l’éco-construction ou les sciences humaines : biomécanique de la formation du bois, avec comme thème principal l’étude des mécanismes de mise en précontrainte et leur fonction biomécanique ; effets du temps sur le comportement, intégrant le comportement différé, les processus de vieillissement et leur thermo-hygro-activation ; diversité des propriétés des bois, étudiée via les relations structure-propriétés en vue de la valorisation de la biodiversité ; usage des bois dans le patrimoine culturel, au travers de l’étude de la facture des instruments de musique, de la conservation du patrimoine matériel et des savoirs artisanaux

qui vise à comprendre le « comment » de la biomécanique du bois et de l’arbre (identifier les relations entre structures et propriétés, ainsi que les mécanismes qui les expliquent), et une approche fonctionnelle, qui vise à comprendre le « pourquoi » de ces propriétés (leur fonction pour l’arbre et la signification biologique de leur diversité).

Les recherches de cet axe sont au cœur de l’ANR StressInTrees, dont l’objectif est la compréhension, aux échelles microscopiques, des mécanismes à l’origine des contraintes de maturation du bois de tension.

Un autre thème concerne la modélisation multi-échelle des propriétés élastiques et viscoélastiques du bois vert, en y intégrant les résultats récents et des mesures complémentaires sur le lien entre déformations du bois et de la cellulose (mesurée par diffraction de rayons X).

Le processus d’élaboration du matériau, qu’il s’agisse de la maturation cellulaire ou de transformations par découpes ou séchage, induit des contraintes résiduelles dépendant des cinétiques mises en œuvre. Les lois de comportement elles-mêmes sont sujettes à des variations soit réversibles par vieillissement physique, soit irréversibles du fait de l’oxydation, des attaques biologiques, de l’endommagement d’origine mécanique ou de couplages entre plusieurs de ces causes.

Un premier objectif sera d’élargir la compréhension des déterminants structurels et biologiques de la variabilité de propriétés. Ceci impliquera une prise en compte accrue des différents types de bois formés durant la vie de l’arbre, ainsi que des démarches tendant vers l’intégration des notions de contrôle génétique et environnemental.

Un second objectif sera de gérer la diversité des propriétés et des usages. Ceci implique des approches spécifiques comme la conception de base de données relationnelles permettant des connexions dynamiques entre : différents domaines du comportement mécanique, caractéristiques microstructurales et chimiques, usages connus des espèces et données botaniques systématiques.

Ces avancées dans la connaissance et la gestion de la diversité des propriétés permettront de faire entrer le bois, « à armes égales » avec d’autres matériaux avancés, dans les méthodes de choix de matériaux. Ceci ouvrira la porte à une meilleure valorisation d’essences locales, secondaires ou haut de gamme, notamment dans l’éco-conception et les structures bois.